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Une jeune fille au soleil – Chapitre VI Amitié

Posté par ENO filles le 17 février 2011

Une jeune fille au soleil – Chapitre VI Amitié

Je mis quelque temps avant de me lier d’amitié. Ma meilleure amie que je considérais comme une sœur fut Mireille. Je ne fis pas tout de suite sa connaissance. En effet, elle faisait partie du groupe des redoublantes. D’autre part, quelque temps après la rentrée, une mauvaise grippe décima les classes. Mireille eut des séquelles de cette grippe puisqu’elle attrapa un herpès aux yeux et fut obligée de manquer tout un trimestre. D’ailleurs, elle resta toujours fragile de ce côté-là. Lorsqu’elle revint, au second trimestre, comme son bureau était situé près du mien, nous avons commencé par faire notre travail de français ensemble. Puis nous en sommes venues aux confidences. Elle avait déjà ses propres amies et je m’aperçus bientôt qu’elle me donnait la préférence. Durant les grandes vacances, j’allai passer une semaine chez elle  à Perrégaux où je fis la  connaissance de ses parents et de ses deux sœurs plus jeunes qu’elle. Elle vint ensuite passer une semaine à la Fontaine des Gazelles, ce qui finit de consolider notre amitié. Elle appréciait beaucoup mon père car ce dernier, aimant les grandes discussions. Nous passions nos soirées à bavarder, à échanger nos impressions. Elle n’avait pas l’habitude de ce genre de discussions car son père était peu loquace.

Mireille était jolie et toujours bien habillée. Elle achetait ses vêtements chez les meilleurs commerçants d’Oran ou les faisait confectionner par une couturière. J’avais à la fois de l’admiration et de l’affection pour elle. Cependant, elle m’agaçait parfois avec ses amours compliquées car pour ma part, c’était une chose qui ne me préoccupait guère. Je n’avais qu’un but, avant de songer à fonder un foyer. Je trouvais cela beaucoup trop sérieux pour m’y lancer à la légère et je ne me sentais pas mûre.

Ma seconde amie était Séverine. Ce qui nous a rapprochées au départ, c’est qu’elle n’avait pas, elle non plus effectué sa première année d’Ecole Normale à Oran mais à Alger. Ses parents étaient venus s’installer à Sidi-Bel-Abbès. Notre entente n’était pas parfaite, nous nous heurtions souvent. Elle était pince sans rire et savait trouver le mot pour rire quand elle était de bonne humeur. Par contre quand elle était morose, elle nous envoyait sur les roses dans les grandes largeurs.

Nous avions droit à un jeudi après-midi de libre par trimestre de 14h à 17h. Nous descendions en ville en bus et cela nous permettait de faire quelques achats. Comme elle devait acheter un blazer à sa mère, Séverine me demanda de l’accompagner. Je l’emmenai chez les commerçants que je connaissais et nous en trouvâmes un très coquet et à un prix raisonnable. Elle hésita, nous vîmes alors d’autres magasins. Elle se décida enfin à l’acheter. En regagnant l’Ecole Normale, elle ne cessait de me dire : « Tu crois que j’ai bien choisi ?

-Je trouve qu’il est très bien et qu’il conviendra parfaitement à ta maman ».

Au bout d’un moment, elle revint à la charge : Tu crois que j’ai bien fait ?

-Je t’ai dit que je le trouve très bien. Tu vas te poser la question encore  longtemps ? Fais un peu preuve de personnalité, quand on a pris une décision, on s’y tient, on ne passe pas son temps à revenir dessus ».

Elle était vexée et nous avons terminé le trajet sans échanger un mot. Le soir, pour prendre la douche, j’avais l’habitude de lui emprunter son bonnet. Je m’abstins d’aller le chercher. Le lendemain matin, c’est elle qui servait le café. Je ne lui présentai pas mon bol. Ces enfantillages nous contrariaient l’une et  l’autre. Nous nous réconciliâmes rapidement et elle m’apprit que le soir, elle avait mis le bonnet de douche bien en évidence sur son lit et elle était partie aux toilettes pour me permettre de le prendre sans la rencontrer.

Elle était amoureuse de Jean mais son père ne voulait pas entendre parler de mariage tant qu’il n’avait pas fait son service militaire. En ce temps-là, un jeune homme n’était considéré comme un homme que lorsqu’il avait fait son service militaire. C’était la première chose que les parents demandaient quand il était question de marier leur fille. Cependant, en raison de la guerre qui se déroulait dans notre pays, le service militaire durait 28 mois. C’était bien long à attendre, les parents demeuraient néanmoins inflexibles.

Ma troisième amie était Marie, Timide et effacée, mon antithèse. Nous avions été en classe ensemble à Sidi-Bel-Abbès à l’école Paul Bert. C’est elle qui me reconnut la première. Le jour de la rentrée, j’étais en train de ranger mon trousseau dans le placard de ma chambre quand elle reconnut ma voix. Elle a écarté silencieusement le rideau de ma chambre : « Tu n’es pas Danièle Derschlag ?

-Oui, pourquoi ?

-Je t’ai reconnue à ta voix, nous étions ensemble à l’école à Sidi-Bel-Abbès, Tu ne te souviens pas ? ». Je me souvenais très bien et cela nous a rapprochées.

Vers la fin de l’année, nous avions à faire un travail sur les Provinciales de Pascal. Mireille et moi nous nous installons dans un coin ombragé du parc – ce n’était peut-être pas l’endroit rêvé pour effectuer un travail aussi ardu – et nous entreprenons l’étude de ce texte au demeurant très difficile. La chaleur et l’inconfort aidant, nous le relisons plusieurs fois avant de le comprendre. Petit à petit, les idées viennent et nous achevons le brouillon, fières de notre travail et surtout soulagées de l’avoir terminé. Quand nous remontons en classe, Marie qui n’avait pas du tout envie de faire cette étude, nous emprunte le brouillon et le recopie intégralement. Nous savions que le professeur n’avait le temps d’interroger qu’une seule élève par séance. Le lendemain, c’est elle qui est interrogée. Elle lit donc notre prose de bout en bout. Verdict du professeur : « Mademoiselle Martinez, je reconnais bien là votre manque total de logique ! Vous n’avez absolument rien compris, c’est un tissu d’inepties. Ma pauvre fille, vous êtes complètement hermétique à notre grand Pascal ! ».

Nous avions droit à notre procès par personne interposée !

Ndlr: si les copines se reconnaissent dans la photo qu’elles m’indiquent leur nom et leur n° par email ici. Merci de bien vouloir m’aider dans cette identification.

Merci à Jeannine B. qui a tapé le texte.

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