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Une jeune fille au soleil Chapitre V Les filles

Posté par ENO filles le 26 novembre 2010

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Juin 1960 Le voyage de fin d’études

Chapitre v

Les filles

Une classe est un monde en miniature. Tous les types de caractère y sont représentés. Je n’en pris vraiment conscience que cette année-là. De plus, le fait de vivre en vase clos amplifiait le moindre événement. Un jour, deux filles décidèrent de participer à un jeu permettant de gagner un voyage aux Antilles. Un mois plus tard, elles recevaient une réponse : lettre dactylographiée à en-tête leur annonçant qu’elles avaient gagné le premier prix dont le voyage. Folles de joie, elles l’annonçaient à la cantonade. Cette lettre n’était qu’une farce et celles qui l’avaient rédigée et envoyée, ne savaient comment le leur dire. Toutefois, voyant les proportions que prenait l’événement, elles décidèrent de tout avouer. E fut un drame, les gagnantes pleuraient de déception et insultèrent les protagonistes qui à leur tour se mirent à pleurer. Tout le monde participait au drame soit pour  soutenir les unes, soit pour critiquer les autres.

 Il m’arrivait, lorsque nous étions en étude, d’observer mes camarades. Gabrielle était maniérée. Lorsque son stylo tombait sous la chaise : « Pardon, Danièle, pourrais-tu s’il te plaît ramasser mon stylo qui est sous ta chaise ? » Et tandis que je m’exécutais : « Mille fois merci ! » me répondait-elle obséquieusement. Colette, une redoublante, était grossière et hargneuse. Elle en voulait au monde entier d’avoir raté son bac. Nous nous détestions cordialement. Marie-Rose était fumiste mais bonne vivante. Jocelyne passait son temps à lire et était tellement plongée dans sa lecture qu’elle ne vous répondait jamais lorsque vous lui parliez. Simone était coquette et ne pensait qu’à ses toilettes. Par contre, Catherine avait tout de la future vieille fille avec ses manies. Germaine était effacée mais pince-sans-rire. La mutine Hélène avait un visage constellée de taches de rousseur et faisait preuve d’une grande générosité, la vraie, celle du cœur. Paule, la guindée semblait avoir avalé un sabre (non, ce n’est pas moi). Il y avait des jumelles. Lorsque l’on s’adressait à l’une, c’était l’autre qui vous répondait. Une camarade les avait nommées Trombone et Acoustique. Certaines passaient leur temps à taquiner une troisième qui marchait à tous les coups. Par exemple, au moment de sortir, elles lui cachaient son soutien-gorge. Cette dernière courait après elles dans le couloir du dortoir, soutien-gorge dégrafé, deux combinaisons l’une sur l’autre et criait ses expressions favorites : « Tu me mets les gonades à fleur de peau »,  « Tu me gonfles le mou »,  « Bâton merdeux », « Objet puant ». Un jour, je trouvai une reproduction d’une œuvre de Gauguin dans sa période tahitienne au dos de laquelle était écrit :  «  Zozo aux îles Hawaï » (Zozo était le surnom de cette camarade). Teinture de Cheveux : Liqueur de Fehling de chez Lancôme  Slip : Ultracourt de chez « à poil » Ventre : Ultra mou de chez « Epeda » Tétons : Vertige de chez « Lanvin »  Yeux : Bovins de chez « Clo » Nous ne nous faisions aucun cadeau. 

Il y en avait de parfaitement farfelues, très intelligentes au demeurant. On les trouvait dans une salle, échevelées, livides, passant des heures à discuter, à prouver la pensée de Descartes : « Je pense donc je suis »  

 Le fond de la classe était occupé par un grand meuble contenant des casiers fermés dans lesquels nous pouvions ranger les affaires qui ne trouvaient pas leur place dans nos bureaux. Sur ce meuble étaient posés des bustes en plâtre de philosophes de l’Antiquité. 

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Un jour en chahutant au fond de la classe, des filles firent tomber le buste de Caton l’Ancien qui se brisa en plusieurs morceaux. Stupéfaction ! Comment faire pour que l’Intendante ne s’en aperçoive pas ? Si l’on jetait les morceaux dans la corbeille, les femmes de ménage les découvriraient et en parleraient. Pour une fois nous étions toutes solidaires… Nous décidâmes, toutes celles qui sortaient le samedi, d’en emporter un morceau et de le jeter hors de l’école… Nous déplaçâmes les autres bustes de façon à combler le vide et la supercherie ne fut jamais découverte. Certaines de nos camarades habitaient le sud de l’Oranie. Ce département était très vaste et l’insécurité régnait. Elles ne pouvaient rentrer chez elles que pour les vacances. Quand elles avaient une correspondante à Oran, celle-ci pouvait les faire sortir sinon elles étaient obligées de rester à l’école. Il leur arrivait d’avoir le cafard. 

* Voir article Cafard  Un week-end elles décidèrent de se réunir chez la tante de l’une d’entre elles qui leur laissait son appartement et de prendre une bonne cuite pour s’amuser et oublier leur vague à l’âme. Le dimanche soir nous les attendions avec impatience pour savoir comment s’était passée la sortie. Quelle ne fut notre surprise d’apprendre qu’elles avaient le vin triste et que la cuite, au lieu de les réconforter provoqua un cafard plus noir encore !  Certaines plaisanteries n’étaient pas du meilleur goût. Ainsi plusieurs filles décidèrent de faire une farce à la pionne. Elles subtilisèrent Jérôme le squelette et le transportèrent du labo à la chambre de celle-ci. Elles l’allongèrent sur le lit et éclairèrent la tête en y plaçant une bougie allumée. Le spectacle était hallucinant et lorsque la surveillante ouvrit la porte elle faillit se trouver mal. Les quatre filles se dénoncèrent et furent collées mais la plaisanterie aurait pu mal tourner. Si j’avais des affinités avec certaines, en revanche j’en détestais d’autres qui me le rendaient bien. Des prises de bec parfois violentes éclataient. Néanmoins, je ne me laissais pas faire. 

*Voir article du 5 mars 2003 Danièle Derschlag, autres anecdotes 

Prochain article… Amitiés: Marie, Mireille, Séverine et moi  ….

4 Réponses à “Une jeune fille au soleil Chapitre V Les filles”

  1. batifol michèle dit :

    je suis désolée, mais les souvenirs de Danièle sont approximatifs
    -sur le buste de Caton :il est tombé sans l’aide de personne;simplement nous avions accumulé derrière lui un certain nombre de cartons à dessin . Lorsque le poids des cartons a excédé celui du buste en platre, il a chu. Et bien sur comme nous n’avios pas pu piler le socle , il était resté au fond de la bibliothèque et Rosette, la femme de ménage l’a trouvé et a couru chez l’intendante. J’imagine que la bonne foi collective a été reconnue car je n’ ai pas le souvenir d’ une sanction.
    - sur le concours organisé par la margrine Astra ,si j’ai bon souvenir,les protagonistes étions Marcelle V et moi, et je peux te dire que nous n’ avons nullement été abusées ,car c’est nous qui avions envoyé les lettres pour faire marcher toute l’ école.voila toute la vérité sur l’année 1957,ou 58? amicalement Michèle

  2. ENO filles dit :

    Quelle bonne surprise Michèle de te lire sur le blog. Tes précisions sont très utiles car la mémoire est très fragile. Bien des images s’effacent et dans tous nos efforts pour les retrouver, notre cerveau malin en substitue d’autres qu’il crée de toutes pièces et dont nous sommes persuadés qu’elles ont existé. J’espère que cette histoire aura pour avantage de réveiller nos souvenirs et de permettre à chacune d’entre nous de les raconter aux autres.
    Deux mémoires qui s’appuient l’une à l’autre recréent la réalité. Voilà pourquoi la moitié du monde, en s’appuyant contre l’autre moitié, se renforce et se protège de l’oubli.
    Au plaisir de te lire encore. Amitiés, Paule

    Dernière publication sur ECOLE NORMALE DE FILLES D'ORAN VOLET 1 : article supprimé

  3. fabienne dit :

    Michèle et Marcelle , ça alors ,quelle surprise…..je vous prenais pour deux anges….cela ne change rien à l’Amitié que l’on vous porte.Bisous les filles.

  4. Paule dit :

    Derrière chaque ange il y a un démon. Il n’y a pas de Paradis sans Enfer… Mais bon! Enfer est contenu dans Enfermé et enfermées, nous l’étions, alors !!!

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